Rabat réunit l’Afrique francophone autour du Self-care
Organisé par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, en partenariat avec la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), l’Académie africaine des sciences de la santé et l’Organisation panafricaine de lutte contre le Sida (OPALS), avec le soutien de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), ce sommet ambitionne de renforcer la coopération panafricaine, particulièrement francophone, autour des soins auto-administrés en SSR. Dans une allocution lue en son nom, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a indiqué que la santé sexuelle et reproductive demeure l’une des priorités de la réforme du système national de santé, notant que les approches d’auto-soins constituent désormais un outil essentiel pour accélérer l’atteinte des objectifs nationaux à l’horizon 2030, notamment dans la lutte contre les infections sexuellement transmissibles. Dans cette allocution lue par le directeur de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère, Mohamed El Youbi, le ministre a souligné que l’élargissement de l’utilisation des autotests de dépistage du VIH, ainsi que le recours à l’auto-prélèvement dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus, sont des leviers permettant de surmonter les barrières d’accès aux services de santé. Représentant le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, le secrétaire général du département de la Jeunesse, Mustapha Messoudi, a affirmé, quant à lui, que le self-care constitue aujourd’hui un levier essentiel pour favoriser l’autonomie des jeunes, améliorer leur accès à l’information et encourager des comportements responsables en matière de santé. Le département de la Jeunesse mobilise un réseau d’un millier de maisons de jeunes, de quelque 400 foyers féminins et de milliers d’associations partenaires pour développer des actions de sensibilisation et d’accompagnement au profit des jeunes et des femmes, a fait savoir M. Messoudi, annonçant la mise en œuvre d’un plan d’action conjoint avec l’OPALS portant notamment sur la santé sexuelle et reproductive, la prévention des infections et la création de clubs dédiés à ces thématiques au sein des espaces de jeunesse. Dans une allocution lue en son nom par le secrétaire général du ministère, Houssine Kodad, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Saad Berrada, a indiqué que l’école constitue un espace privilégié pour promouvoir la culture de la santé, de la prévention et de l’autonomisation des jeunes. “Les thématiques liées à la santé sexuelle et reproductive sont progressivement intégrées dans les curricula, les activités parascolaires et les dispositifs d’écoute et d’accompagnement des apprenants”, a-t-il dit. De son côté, la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahia, représentée par le secrétaire général du ministère, Adil Ghammarte, a mis en exergue la convergence entre les objectifs du sommet et les grands chantiers sociaux engagés par le Royaume, notamment la généralisation de la protection sociale, la réforme du système de santé et le renforcement des droits des femmes. Mme Ben Yahia a affirmé que son département poursuit la mise en œuvre du troisième Plan gouvernemental pour l’égalité (PGE III 2023-2026) qui prévoit notamment le renforcement de l’accès des femmes aux services essentiels, le développement des actions de sensibilisation et le soutien aux populations vulnérables. Dans une allocution lue en son nom par le directeur général du pôle stratégie, développement et relations internationales à la FM6SS, Jaafar Heikel, le président directeur général de la FM6SS, Lahcen Belyamani, a indiqué que la lutte contre le VIH constitue un exemple concret de la complémentarité nécessaire entre l’action de l’État, des organisations de la société civile, des institutions internationales et des acteurs de la recherche scientifique. La Fondation accompagne les politiques publiques dans les domaines du soin, de la formation et de la recherche, a relevé M. Belyamani, ajoutant que “l’expérience marocaine constitue aujourd’hui une référence à partager à l’échelle africaine”. Qualifiant cette rencontre de “moment historique”, la présidente de l’OPALS, Nadia Bezad, a noté que l’Afrique francophone se réunit pour la première fois autour d’une vision commune visant à faire du self-care un levier de transformation des systèmes de santé et de préservation de la dignité humaine. Les défis liés à la pénurie annoncée des professionnels de santé, aux inégalités d’accès aux soins et aux crises sanitaires imposent le développement d’approches plus accessibles, plus préventives et davantage centrées sur les individus, a préconisé Mme Bezad, soulignant que l’autonomisation des populations en matière de santé est devenue une nécessité pour répondre aux besoins croissants des systèmes de santé. Intervenant également à cette occasion, le secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, Omar Fassi Fihri, représenté par la professeur et membre de l’Académie, Rajae El Aouad, a jugé nécessaire de développer le self-care sur des bases scientifiques solides, des dispositifs réglementaires adaptés et des systèmes de santé capables d’accompagner les citoyens. La représentante de l’OMS, Manjulaa Narasimhan a, quant à elle, salué le rôle pionnier du Maroc, premier pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord à mettre en œuvre, dès 2019, les interventions de self-care recommandées par l’organisation, rappelant que le self-care ne vise pas à remplacer les systèmes de santé mais à les renforcer en offrant davantage d’autonomie, d’information et de choix aux citoyens. Pour ce qui est du représentant de l’UNFPA, Mahdi Halimi, il a estimé que le self-care constitue une transformation profonde dans la manière de concevoir les services de santé, en permettant aux individus de devenir pleinement acteurs de leur propre santé, assurant que l’Afrique est aujourd’hui capable de concevoir et de mettre en œuvre des solutions adaptées à ses réalités, dans le cadre d’une coopération Sud-Sud renforcée. S’exprimant à cette occasion, le fondateur de l’OPALS et président honoraire de l’Académie nationale de médecine de Paris, Marc Gentilini, engagé depuis plusieurs décennies dans la lutte contre les maladies infectieuses en Afrique, a rappelé que la santé se construit aussi au sein des familles, des écoles et des communautés, saluant l’engagement du Maroc en faveur de l’innovation et de l’autonomisation des populations dans le domaine de la santé. La cérémonie d’ouverture a été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et l’OPALS, dans le but de renforcer les actions de sensibilisation, d’éducation et d’accompagnement des jeunes et des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive. Les travaux de ce sommet de deux jours (4-5 juin) abordent notamment les liens entre auto-soins et couverture sanitaire universelle, la résilience des systèmes de santé en situation de crise, le financement et la gouvernance ainsi que l’innovation digitale en SSR.